… écrire dehors

 

 

Sortir avec son ordinateur et rien d’autre. S’asseoir sous la tonnelle, balayer les brindilles que le vent a déposées sur la table. Augmenter la luminosité de l’écran, l’écarter des paillettes de soleil qui se faufilent sous le feuillage.

Il fait chaud, déjà, mais un petit courant d’air vous caresse le dos et jusqu’à midi ce sera suffisant. Les cigales prudentes se sont tues et un chat vagabond vous observe de loin. Dans le pommier voisin le rossignol ne s’est même pas interrompu.

Agiter les doigts en l’air un instant puis les fondre sur le clavier. Tata-tic tatata-ta tic, ta-tatata, cloc, ça y est, vous voilà discret percussionniste.

 

Prendre un cahier et un stylo directement dans les mains, et partir dans la forêt. Marcher un peu, monter vers la crête, et puis se trouver un coin tranquille. Un rocher, une souche, pour s’asseoir, ou bien un coin d’herbe à moutons, et le dos appuyé contre un arbre.

Ouvrir le cahier sur ses genoux, attendre un peu en suçotant le stylo, et puis les laisser glisser l’un sur l’autre… là on ne peut plus rien retenir. Lever le nez, de temps en temps, et trouver dans le fouillis de branches le mot qui manquait.

Oublier le temps. Oublier la forêt, même. Et s’émerveiller ensuite de s’y trouver.

 

Noircir quelques pages et puis rentrer. Parce qu’il fait trop chaud, trop froid, parce que le vent s’est levé, parce que les enfants vont rentrer.

Garder à l’esprit qu’il faudra les réécrire, les corriger, encore et encore. Ce ne seront pas forcément les meilleures. Mais à chaque relecture, elles parleront des branches et du soleil et du petit courant d’air, elles chanteront le rossignol.

On se souviendra : ce sont des pages écrites dehors.

 

 

Ce blog est un espace de présentation de mon écriture littéraire, assorti d’instantanés « nature » qui y contribuent indirectement.
Mon premier roman y est simplement présenté, avec quelques pages consacrées à des thèmes associés.
Mes nouvelles y sont offertes entièrement, c’est gratuit,  il suffit de cliquer dessus.

Je vous souhaite de beaux moments de lecture. Et si vous en avez la possibilité, installez-vous dans l’herbe, ce sera encore mieux.

 

 

Publicités